Luc Sirois en tournée sur la Côte-Nord : écouter le terrain pour mieux innover

De passage sur la Côte-Nord, Luc Sirois, l’innovateur en chef du Québec, a rencontré plusieurs acteurs régionaux afin de prendre le pouls de l’innovation sur le territoire. Dans une entrevue diffusée à l’émission Bonjour la Côte sur Radio-Canada, il s’est entretenu avec David Beaudin à Sept-Îles.

Luc Sirois vient passer un message clair aux PME : « Innover ou mourir »

Au cœur des échanges : la réalité bien particulière de l’innovation en région et de la scène mondiale. Luc Sirois souligne que la Côte-Nord regorge d’initiatives, de talents et de projets porteurs, mais que les défis liés à l’éloignement, à la taille des marchés et à l’accès aux ressources exigent des approches adaptées. Ici, l’innovation n’est pas toujours technologique au sens strict : elle est souvent organisationnelle, sociale, logistique ou issue de la collaboration entre acteurs locaux.

La tournée vise avant tout à écouter le terrain. Comprendre les besoins réels des entrepreneurs, des organisations et des institutions permet d’ajuster les leviers d’accompagnement, de financement et de maillage à l’échelle régionale. Pour Luc Sirois, le rôle de l’écosystème est clair : simplifier les parcours, briser les silos et valoriser ce qui se fait déjà, souvent loin des projecteurs.

Cette visite s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer la culture d’innovation partout au Québec, en reconnaissant que les régions – et particulièrement la Côte-Nord – jouent un rôle clé dans le développement économique, social et durable de la province.

👉 Une démarche qui résonne directement avec la mission d’Innovation Côte-Nord (à l’époque ERAC Côte-Nord)  : mettre l’innovation au service du territoire, à partir de ses réalités et de ses forces.

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Résumé de l’émission:

Face à une pénurie de main-d’œuvre qui ne fera que s’accentuer, l’immobilité n’est plus une option.

Pour Luc Sirois, l’équation se résume désormais à « innover ou mourir ».

L’automatisation et le développement de produits à valeur ajoutée ne sont plus du luxe, mais des nécessités pour la survie des entreprises. Comme le souligne David Beaudin, la concurrence ne se joue plus entre les régions ou les provinces, mais bien à l’échelle mondiale; pour tirer leur épingle du jeu, les entreprises nord-côtières doivent impérativement augmenter leur productivité.

Si les grandes entreprises industrielles de la région ont déjà bien entamé leur virage numérique, le défi repose désormais sur les épaules des petites et moyennes entreprises (PME) qui doivent emboîter le pas. L’enjeu dépasse la simple production, car il touche directement la capacité de recrutement.

Les jeunes talents recherchent des environnements de travail modernes et technologiques. Ainsi, une entreprise qui innove se donne les moyens de séduire et de retenir cette main-d’œuvre qualifiée si convoitée.
Cette culture de l’innovation doit toutefois s’enraciner bien avant l’entrée sur le marché du travail. Luc Sirois insiste sur l’importance cruciale de stimuler l’intérêt pour les sciences et le « bricolage » dès le primaire et le secondaire. L’objectif est de transformer la jeunesse en créateurs de technologies plutôt qu’en simples consommateurs passifs. C’est en semant cette graine tôt que l’on formera la relève capable de bâtir l’avenir économique du Québec.

Enfin, il est impératif de déconstruire le mythe selon lequel le manque d’argent freine l’innovation. Luc Sirois rappelle qu’il existe plus de 250 programmes de financement dédiés à l’innovation au Québec.

Le véritable défi réside souvent dans la méconnaissance de ces aides par les entrepreneurs. C’est là qu’interviennent les conseillers en innovation présents dans les MRC, dont le rôle est de guider les entreprises vers les ressources financières disponibles.

Au-delà de l’économie, cette innovation doit aussi être sociale, notamment en santé et en éducation, pour améliorer concrètement les services offerts à la communauté